Se targuant d’avoir sur son ban le berceau
de la viticulture alsacienne, la ville concentrique d’Eguisheim
n’a pas besoin du prestige de Léon IX, pape alsacien,
pour briller au firmament des cités les plus pittoresques
d’Alsace. Certes, le fait d’avoir vu naître
en 1002 un rejeton princier qui, quelque 47 ans plus tard, deviendra
le premier grand réformateur du catholicisme, cette circonstance
flatteuse permet d’ajouter à la gloire d’une
bourgade vigneronne.
La ville doit son nom à un parent du comte
Eberhard, petit-fils du père de Sainte-Odile, la très
emblématique "patronne" des catholiques d’Alsace.
Egeno est le nom de ce lointain fondateur qui, au 8ème
siècle, restaure un château construit au centre d’un
village naissant qui, quelques décennies plus tard, sera
nommé Egenesheim. De cette ancienne forteresse ne subsiste
plus que les fondations, que l’on réemploie au 13ème
siècle pour l’édification d’un puissant
château de style frédéricien (Frédéric
II Hohenstaufen) et de forme octogonale. Autour de ce point s’organise
la ville, les rues s’ordonnent en cercles concentriques,
sur le tracé des fortifications successives.
L’église n’a conservé
de médiéval que son clocher au style roman de transition
(1220). A l’intérieur de ce clocher, un portail offre
un tympan polychrome qui met en scène des vierges sages
et des vierges folles (13ème siècle).
Le charme majeur d’Eguisheim est son circuit
des remparts. Les ruelles étroites y sont bordées
de maisons anciennes, parfois d’une surprenante étroitesse
et où fourmillent ornements et détails architecturaux
singuliers.
Sur la place du marché, une belle fontaine
renaissance de 1557 est protégée au titre des monuments
historiques. Deux belles façades de 1603, sur la place
Saint-Léon, sont inscrites à l’inventaire
des monuments historiques.
Dominant la grande fontaine
octogonale de cette pittoresque place, une chapelle néo-romane,
dont l’intérieur pèche peut-être
par un excès de couleurs et de dorures, ferme depuis
plus d’un siècle une perspective qui, sans cette
présence, donnerait un spectacle de pimpants colombages
aux remplissages multicolores.
Eguisheim est aussi le point de
départ et de retour idéal pour un circuit médiéval
passionnant, celui des cinq châteaux, dont les ruines romantiques
jalonnent une crête boisée, à l’altitude
moyenne de 500 m.