l'alsace historique
   
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Visite guidée de Sélestat

L'église romane Sainte-Foy XIIème s.

Etablie sur l'emplacement d'un édifice antérieur dont la forme était probablement celle d'une rotonde, l'église prieurale Sainte-Foy date pour l'essentiel de la seconde moitié du XIIème siècle. Fondé au XIème siècle, le prieuré dépendait de l'abbaye bénédictine de Conques (actuel département de l'Aveyron).
Le style de cette église romane s'apparente par certains aspects à celui des constructions religieuses entreprises à la même époque en Lorraine. Tout simplement parce qu'avant de travailler à Sélestat, les bâtisseurs ont oeuvré sur des chantiers lorrains et notamment sur ceux des églises de Saint-Dié-des-Vosges. Les travaux furent menés à grande allure, entre 1152 et 1190, début et fin du règne de l'empereur germanique Frédéric Ier Barberousse, principal argentier de ce chantier.

Exterieur

Malgré la relative modestie de ses proportions, Sainte-Foy étonne par son allure grandiose, surtout lorsqu'on l'approche par sa façade occidentale. Le dispositif à deux tours de façade et une tour de croisée rappelle la manière bourguignonne. Il faut cependant savoir que l'aspect actuel de l'édifice résulte d'importants remaniements opérés entre 1888 et 1895. L'architecte allemand Winkler poursuivait alors un double objectif : celui - louable - de rendre à l'église sa primitive harmonie romane et celui - contestable -d'en faire un monument de pur style germanique. C'est ainsi que furent rectifiées dans le sens de la symétrie les deux tours occidentales qu'au XVIIème siècle les Jésuites, nouveaux occupants du couvent, s'étaient permis de violemment modifier.On peut évidemment critiquer le parti ayant consisté à coiffer ces tours de flèches rhomboïdales(polyèdres losangés)puisque cette esthétiquen'était pas d'usagedans l'Alsace médiévale.

Surprenant est aussi le choix de ce pignon néo-roman pour relier les deux tours, pignon dont le grès très "neuf" jure avec le gris-argent du granite et le rose-saumon du grès ancien. En revanche, on ne peut qu'applaudir à la suppression des tribunes créées par les Jésuites et qui lourdement pesaient sur les bas-côtés, avec une unique et disgrâcieuse toiture à double pente pour ainsi couvrir les trois nefs. Le chevet, parfaitement équillibré, dominé par l'extraordinaire tour de croisée - une des plus belles réussites de l'art roman alsacien - constitue la partie la plus ancienne de l'édifice. Avec sa double rangée d'arcades richement décorées (aveugles au niveau inférieur), cette tour peut faire penser à une tiare pontificale. L'absidiole sud est une reconstitution du 19ème siècle. De la même époque date aussi la sacristie néo-romane qui lui est accolée.

Intérieur

Avant de pénétrer dans la nef, on traverse un porche voûté qu'on peut considérer comme un narthex, survivance d'une tradition paléochrétienne : les catéchumènes (postulants au baptême à l'époque de l'Eglise primitive) n'étaient pas autorisés à entrer dans le sanctuaire et devaient suivre les offices depuis ce vestibule. De plan basilical, l'intérieur s'ordonne en une nef centrale voûtée d'ogives et deux nefs latérales (bas-côtés) voûtées d'arêtes. Un transept peu saillant relie ces vaisseaux au choeur voûté en cul-de-four (quart de sphère). L'alternance des piliers forts et des piles faibles est classique dans l'architecture médiévale des régions germaniques.Tous les vitraux sont modernes et datent de la restauration du XIXème siècle.

La chaire en bois n'a bien évidemment rien à voir avec l'art roman. Il s'agit d'une réalisation du XVIIIème siècle et qui illustre la vie de Saint-François-Xavier, évangélisateur au XVIème siècle des Indes Orientales et du Japon.Le programme iconographique de cette chaire est à mettre au crédit d'un ministre du collège des Jésuites, Ignace de Saint-Lô. Sous la console figurent les attributs des quatre évangélistes : l'ange (Matthieu), le taureau (Luc), le lion (Marc) et l'aigle (Jean). Un escalier coudé dont on remarque la grille à l'entrée du croisillon sud permet d'accéder à une crypte, vestige de la première église construite à la fin du XIème siècle par Hildegard von Büren, mère du premier des Hohenstaufen, célèbre dynastie impériale. Desservi par un vestibule rectangulaire (restauration du XIXème siècle), un caveau funéraire de forme carrée expose un tombeau dépourvu de décor. Il s'agit très certainement du noyau central d'une chapelle imitant celle qui, à Jérusalem, abrite le tombeau du Christ. Parmi les gravats qui encombraient cette excavation au moment des fouilles ordonnées par Winkler en 1892, on découvrit un énigmatique moulage en creux : le buste d'une femme probablement inhumée sous le dallage de la chapelle et dont le corps avait été préalablement recouvert de chaux vive. A partir de l'empreinte en creux ont été réalisées quatre épreuves en relief (et en plâtre) dont une est exposée à l'abri d'une petite vitrine dans cette crypte. Il s'agit là d'un témoignage rarissime et particulièrement émouvant : une femme du Moyen Age ("la belle inconnue de Sélestat"), morte dans la trentaine et qui, abandonnant ce bas-monde, esquisse un ultime sourire...  

La crypte

Accessible par un escalier coudé, le vestibule rectangulaire (où vous vous tenez) permet d'entrer dans un caveau funéraire de forme carrée - un hypogée - où se remarque un sobre tombeau. Cet espace peut être considéré comme une copie du tegurium, lieu de sépulture du Christ à Jérusalem. Condamnée au temps des Jésuites (17ème- 18ème s.), cette chapelle souterraine a été redécouverte en 1892 par l'architecte Karl Winkler, restaurateur de l'église prieurale Sainte-Foy. Il lui aura fallu opérer bon nombre de restitutions pour rétablir l'ordonnancement primitif de cette réplique du Saint-Sépulcre, noyau central d'une église ronde édifiée vers 1087 par Hildegard von Büren, fondatrice du prieuré bénédictin. Construit par des moines originaires de Conques (Aveyron), étape célèbre sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, ce monastère constitue au 12ème s. le berceau d'une agglomération qui se fortifiera au 13ème s. et deviendra une ville libre de l'empire germanique. Parmi les gravats qui encombrent cette excavation au moment des fouilles de 1892, on découvre, brisé en plusieurs morceaux, un énigmatique moulage en creux : le buste d'une femme probablement inhumée à la chaux (car morte d'une maladie terrifiante). En durcissant, cette chaux a pris l'empreinte du corps. A partir de cette empreinte en creux ont été réalisées plusieurs épreuves en relief (et en plâtre). L'une de ces épreuves est exposée ici, placée dans une vitrine. Il s'agit d'un témoignage rarissime et particulièrement émouvant. Une femme du Moyen Age, morte dans la trentaine et qui, en abandonnant ce bas-monde, esquisse un ultime sourire : peut-être Adelaïde, la fille de la fondatrice, décédée vers l'an 1100.

Intéressant
Quelques dimensions : long. totale 44,20 m - haut. tour de croisée 42 m - haut. grande nef 11,10 m
L'orgue a été construit en 1892 par le facteur Rinckenbach - Electro-acoustique depuis 1990
Un couvercle de sarcophage d'enfant, mis au jour en 1892, est fixé au mur du bas-côté nord. On distingue, aux quatre coins de ce remarquable bas-relief roman, les attributs des évangélistes. * A l'extérieur, côté sud, deux statues : St-Ignace de Loyola, dans une posture très "passionnée" et St-Jean Népomucène, martyr de la Bohême, dans une attitude nettement plus hiératique.
Sainte-Foy, vierge et martyre, était originaire d'Agen. Morte à 12 ans (selon la tradition), sans doute sous le règne de Dioclétien (4ème s.)
En 1765, l'intervention indignée du Cardinal de Rohan (celui de l'affaire du Collier de la Reine !) a permis d'éviter la démolition de l'église, jugée inadaptée !
   
Eglise Sainte-Foy Intérieur de l'église
Portail occidental La belle inconnue de Sélestat
Chevet de Ste-Foy Voussures du portail occidental
Chapiteaux et fenêtre
Labyrinte de la nef Crypte
   

Pour en savoir plus

L'Alsace romane, Ed. de l'Abbaye de la Pierre qui vire, 1982 Les édifices religieux de Sélestat, Ed.Pierron, 2000

 

 

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