L'homme
le plus célèbre d'Alsace est aussi le plus incroyable
des bosseurs. Voilà quarante ans et plus qu'il décline
son alsacianitude dans tous les azimuts. Avec une diversité
d'expressions proprement sidérante. Son Alsace est un monde
et l'univers y est tout entier.
Taxés de grossièreté,
ses débuts sont fracassants et jubilatoires. Il éclabousse
la pruderie des bigotes enrhumées avec l'exubérance
d'un garnement mal élevé. Par lui, l'alsacien redevient
une langue verte ayant l'alacrité réjouissante d'une
mirabelle pas très mûre ! Il fait des disques comme
la poule pond des oeufs. A peu près.
Producteur de télé,
et puis de radio, inventeur de cabaret, fondateur de théâtre,
il est insatiable et inépuisable. Plus il avance en âge
et plus il croît en volume. "Pourtant je n'bouffe pas
grand chose !" se défend -il, mais sans vraiment convaincre.
"Et je bois...modérément, si c'est à ça
que tu penses" ajoute-t-il, pour aggraver son cas.
Pour persuader l'Europe, la planète
et le cosmos de fonder l'harmonie sur la différence en dialogue,
il imagine ce magnifique métissage qu'il nomme Babel.
Après deux expériences moyennement réussies,
l'alternance politique réduit l'aide municipale au point
d'empêcher la survie. Roger passe à autre chose, sans
perdre son temps à vitupérer contre le" Tandem"
strasbourgeois.
En 2003, le voilà (enfin
!) dans une visite guidée musicale. A Kaysersberg, où
le maire est aussi vert que le "Vil de Vallé" de
Siffer. Succès colossal... Foule énorme. Qu'il affronte
sans sono, les organisateurs ayant misé sur une affluence
bien moindre. Il manque se casser la voix et promet de revenir,
mais à condition d'être sonorisé. Ce qui sera
fait l'année suivante. Et continuera de l'être jusqu'à
épuisement de la formule...ou de son inventeur ! |